Rencontre entre passeurs, repasseurs, mailleurs…. des idées narratives.
Transmettre les pratiques narratives : rencontre des enseignants
Le 3 février, les enseignants, passeurs des idées narratives dans l’accompagnement se sont réunis pour échanger sur leurs expériences, leurs questionnements au sujet de la transmission et engager des projets communs de recherche.
Partage sur nos expériences de transmissions à partir de quelques questions
Quelles expériences avons-nous envie de partager sur la façon de former et transmettre ?
Qu’est ce qui nous a donné l’élan de transmettre, depuis nos débuts ?
Est-ce que quelque chose a changé ces dernières années ?
Quelles questions s’invitent à nous ?
Des idées reliées à nos experiences … – verbatim
« Dans cette société individualisée, les narratives apparaissent comme un champ de transmission, porteuses d’espoirs »
« Le respect m’a guidé vers les PN »
« Questionner le “qui je deviens” »
« L’approche narrative est une posture, pas une méthode, c’est un regard poétique sur la beauté du monde et de la vie des personnes »
« Redonne l’importance du lien, oublié par la société »
« Mettre du concret dans des valeurs comme liberté-égalité-fraternité »
« Praticien narratif, à la fois airbag et couteau-suisse »
« Transmettre l’importance du lien à travers la relation à soi, aux autres et à l’environnement »
« Comment transmettre l’importance du processus relationnel »
« Enseigner et transmettre à sa manière ce qui nous a enrichi, ce n’est pas que comprendre intellectuellement. Mettre de l’affect, ce qui nous touche est au centre : c’est en cela que les pratiques narratives diffèrent – le processus relationnel est là et n’est pas quelque chose de plaqué – c’est une intentionnalité, une boussole »
« La singularité émerge de la relation, sans s’y opposer, ce n’est pas de l’expertise dont il s’agit en pratique narrative, c’est d’être touché »
« La compréhension des cartes de Mickael White : Elles invitent à un processus relationnel. Quand le praticien est perdu , il peut questionner à partir des cartes, car l’histoire dominante provoque des paradoxes. Il ne s’agit pas d’apprendre les cartes mais de les comprendre et de vivre la qualité de la relation qu’elles proposent. »
« Se poser les questions ensemble en tant que praticiens comme on le fait là, c’est ce qui est vraiment intéressant »
« Interroger nos histoires dominantes sur l’humain, la santé, la thérapie »
« Les difficultés de cette pratique viennent du fait que les idées ne sont pas figées et évoluent constamment en fonction des groupes, des personnes, de la relation dans le groupe, donc demande une adaptation permanente »
« Proposer des débats pour échanger sur les idées pour montrer qu’il y a débat. Mais ces prises de position, si elles ne sont pas dans l’action ce ne sera pas « suffisant »
« A l’hôpital comment ouvrir aux thérapeutes un regard plus large au-delà des étiquettes réduites de la maladie, c’est-à-dire vers une aventure avant tout humaine ».
Nos questions …pour débattre, réfléchir ensemble
Le monde et nos pratiques respectives évoluent comment continuer à faire évoluer cette pratique ?
Quels sont les principes narratifs fondamentaux auxquels nous nous relions tous ?
Quelle réflexivité avons-nous en continue ?
Comment répondre aux groupes d’apprenants que l’on forme qui sont très différents dans leurs attentes, comme dans leur composition, demandes, niveau, et activité professionnelle?
La posture de sachant-expert qui peut être là quand on enseigne malgré les démonstrations et observations que l’on favorise pourtant, comment travailler cette posture particulière de praticien(ne) narratif ?
Il y a les pratiques narratives qui libèrent, attention aux pratiques narratives qui pourraient manipuler et enfermer ? Quelle serait l’éthique à avoir ou à définir ? Comment le narratif (“narratif” devient un mot à la mode) devient un moyen de contrôler (car il ressort de plus en plus dans le monde politique et le monde tout court) ?
Le jargonnage est très présent, mais parlons nous tous de la même chose ?
La certification et qualiopi enferment ! Ou l’art et la manière de s’adapter au monde moderne, faut-il faire un choix ?
Comment transmettre quelque chose qui est du côté de la vie, du mouvement ? Comment transmettre l’intention du lien ?
Comment agir dans un monde où ça devient compliqué d’aider, notamment pour les travailleurs sociaux, créer des réseaux d’animateurs de solidarité sociale ?
Comment faire en tant que praticien quand notre client n’a pas les mêmes idées que nous ?
Comment introduire la discussion politique des pratiques narratives non partisane et non militante ?
Comment garder ses rêves sans tomber dans le piège de l’utopie-dystopie et la violence qu’elle peut transporter ?
Comment protéger le respect entre les praticiens dans la différence, et comment faire pour que tout le monde trouve sa place, se sente digne d’être dans le collectif avec ses différences – incarner la posture que nous proposons à nos clients/patients?
Imaginons des ateliers pour lutter contre la violence qui circule dans la société, pour protéger notre communauté.
Quels sont les interstices à trouver, pas forcément dans les débats mais des suggestions que l’on puisse imaginer pour se retrouver justement dans le respect mutuel (cf : Jill Freedman) ?
Propositions de sujets et projets à tisser ensemble
Quel sens donnons-nous aux mots de notre « jargon » ? Réfléchir à un lexique narratif. Sans chercher le « vrai » sens des mots, mais rendre visible les différents sens des mots comme : intention, remembering et ses traductions (remembrement, regroupement…).
Comment le faire vivre le foisonnement pédagogique et stimuler la pollinisation pédagogique ?
Qu’est-ce que l’on cherche à transmettre du côté du mouvement de la vie, comment l’intention du lien ?
Comment mettre en pratique une dynamique d’alter-vision ?
Comment se sentir moins seul devant les grands défis contemporains ?
Comment faire pour voir l’intention positive de l’autre sans être du même avis et de partager cette expérience, se respecter malgré les différences, chercher les interstices ?
Comment calibrer le niveau d’interventionnisme du formateur, en posture décentrée et influente ?
Les processus d’animation des JNF, quid des plénières, n’est-ce pas une forme de privilège ? Comment faire différemment ?
Nous continuons nos échanges le 2 juin 2025.
Nous vous donnerons des nouvelles.
